BIEN COMMUNIQUER


Si nous utilisons principalement le langage verbal pour communiquer, nos chiens utilisent principalement le langage corporel. Attention aux contradictions et aux malentendus:

Le langage corporel

Nos chiens passent beaucoup de temps à observer ce qui les entoure et surtout à NOUS observer : rien ne leur échappe ! La position/direction des épaules, des hanches, de la tête ou un front plissé, des sourcils froncés, un sourire, les yeux plissés, une mâchoire serrée ou détendue,… Nous nous dirigeons vers la penderie, nous mettons nos chaussures ou notre manteau de promenade, nous prenons le harnais et la laisse. A quel moment notre chien a compris qu’il nous accompagnait en promenade ? Très vite, et en tout cas bien avant que le harnais et la laisse ne soient dans nos mains ! Ils passent beaucoup de temps à nous observer et à mémoriser notre routine quotidienne. Notre langage corporel est composé d’autant d’indices pour eux.

Si l’homme utilise principalement sa voix comme moyen de communication, nos chiens privilégient le langage corporel. Si une personne utilise simultanément deux moyens de communication contradictoires, notre chien optera pour ce qu’il comprend le mieux : le langage corporel.

Langage corporel: tu joues avec moi

« Tu joues avec moi? » Un signal d’apaisement ?

Communication entre chiens langage corporel

Rencontre avec un inconnu: on se regarde sans se fixer des yeux, tourné l’un vers l’autre, sans se faire face pour autant

Mon chien est dans le jardin, je me trouve sur le pas de la porte, face au jardin, et je l’invite à rentrer. Je l’appelle (communication verbale signifiant « viens et rentre ») mais je fais face à mon chien et j’obstrue partiellement le passage (communication corporelle signifiant « ne passe pas »). J’émets deux informations contradictoires. Il est très probable que mon chien répondra aux informations corporelles : « tu ne souhaites pas que je rentre ? OK, je reste dans le jardin ». Autant de frustration pour l’humain, étant donné que le chien n’a pas répondu à l’invitation verbale, le moyen de communication de prédilection des humains. Faisons attention aux messages que nous leur transmettons via notre langage corporel.

Nos chiens communiquant principalement avec leur langage corporel, apprenons à le décrypter pour éviter de fâcheux malentendus. Si nous avons appris à observer et reconnaître les mimiques et postures de notre chien, nous pourrons voir si quelque chose l’ennuie, si quelque chose « coince ». Notre chien n’est pas « désobéissant », il est simplement confus à cause du manque de précision des demandes que nous lui adressons.

Lectures recommandées :

 

Les signaux d’apaisement

Lecture recommandée : Les signaux d’apaisement, les bases de la communication canine par Turid Rugaas (livre et DVD)

« Les éthologistes appellent « signaux d’apaisements » les postures, regards, mimiques et mouvements que les chiens produisent pour s’auto calmer, pour apaiser une situation tendue, exprimer leurs intentions pacifiques ou pour faire comprendre à l’autre individu en présence qu’ils sont dans un état émotionnel inconfortable. » [1] Lorsque nos chiens se lèchent les babines, se figent, se grattent, baillent, ce n’est jamais sans raison! Si un chien baille alors qu’il vient de se réveiller, il s’agit bien sûr d’une fonction biologique de base. Et lorsqu’il se gratte, il est possible que ce soit pour se débarrasser d’une gêne dans son pelage. A toute occasion, demandons-nous si notre compagnon n’est pas en train d’émettre un signal d’apaisement, et prenons-le en compte.

Nos chiens peuvent émettre ces signaux d’apaisement dans bien des situations qui nous échappent : un avion ou une montgolfière, des personnes à croiser en balade, une voiture, un aboiement dans le voisinage (ou tout autre cri d’animal), un feu d’artifice ou encore les bruits produits par le poste de télévision, un objet que nous avons laissé tomber au sol,… Si nous pouvons aider notre chien à rendre la situation plus confortable, pourquoi ne pas le faire ? Un moyen très simple est à notre disposition : le signal de la main.

[1] Source :Véronique Valy, Guide en éducation canine, Au’Tour du chien, France

signal-apaisement-cligne-yeux-tourne-tete-berger-allemand

Signaux d’apaisement: s’asseoir, tourner la tête, cligner des yeux

signal-apaisement-assis-tourne-tete-vertical-boxer

Signaux d’apaisement devant le photographe

Le signal de la main

Il s’agit de placer notre main (paume tournée vers notre chien) entre notre chien et l’objet ou la provenance du bruit indésirable. Nos chiens communiquant principalement avec le langage corporel, ils apprennent très facilement tout ce qui est visuel. Ce signal est facile et possible à faire en toute circonstance.

Dans le cas d’un indésirable, ce signal signifie « ne t’inquiète pas, il n’y a rien à craindre ». Ce geste est simple à faire et est très facile à comprendre pour notre chien (langage corporel). Il comprend que nous sommes là pour lui et pour l’aider à surmonter les difficultés auxquelles il doit faire face. Il peut nous faire confiance.

Ce signal peut être utile dans bien d’autres circonstances : situation excitante (effusion de joie quand on part promener ou qu’un visiteur adoré arrive,…). Bien que le titre de son livre ne le laisse pas supposer « Barking, the sound of a language » (Aboiement : le son d’un langage), Turid Rugaas y décrit plusieurs situations problématiques et les solutions adaptées en utilisant ce signal de la main.

Pour les chiens qui sautent sur les gens, par exemple, un signal de la main de la personne « envahie », paume vers le chien, combiné avec un langage corporel clair : se détourner du chien (tête, épaules et hanches) dans une autre direction que celle du chien (lui tourner le dos par exemple), sans le regarder évidemment. Au fur et à mesure de l’apprentissage, il aura compris que ce comportement ne lui apporte aucune attention de notre part ou de la part d’autres personnes. Au final, le signal de la main, à lui seul, suffira à dissuader notre chien de sauter, signifiant « je ne souhaite pas d’interaction de ce genre avec toi ». Sans se fâcher, sans le pousser, sans crier, un simple geste de la main pour toute communication…

signal-de-la-main-marina-gates-fleming

Signal de la main signifiant « Je m’en occupe, ne t’inquiète pas ».

signal-de-la-main-chiot-saute-marina-gates-fleming

Signal de la main pour un chiot qui saute sur les gens

Les comportements de substitution

En plus des signaux d’apaisement, notre chien pourra également produire des comportements de substitution. C’est un comportement volontaire du chien, apparaissant dans un contexte conflictuel (d’hésitation). Notre chien se dit : « on me demande de faire quelque chose mais je n’en ai pas très envie (ou je n’ai pas compris la demande), je préfère aller faire autre chose ailleurs ». Notre chien va alors jouer, creuser, respirer quelques brins d’herbe,… Les comportements de substitution peuvent également être une réaction à un environnement inconfortable : « toutes ces voitures qui passent si vite à côté de moi sont effrayantes, je préfère ramasser cette canette et la transporter, ça me fera penser à autre chose ». Dans ce cas précis, prendre de la distance avec les voitures et faire un signal de la main aidera notre chien à surmonter la difficulté.

Pour un second exemple: mon chien dans le jardin, et je me trouve sur le pas de la porte (obstruant le passage et lui faisant face), l’invitant à rentrer de la voix. Il reçoit les deux informations contradictoires (verbale et corporelle). Notre chien peut réagir à cette double information par un comportement de substitution : je lui dis « viens et entre » mais mon corps lui dit « ne passe pas », il est possible qu’il opte pour une 3e solution. Il trouvera un truc qui traîne dans le jardin (jouet, bâton,…) ou s’arrêtera pour faire un pipi ou gratter le sol…

 Si notre chien émet un signal d’apaisement ou adopte un comportement de substitution, prenons-le en compte. Ne forçons jamais notre chien à effectuer un exercice ou un jeu. Soit il a une très bonne raison (physique, émotionnelle ou autre) de ne pas y participer, soit il ne sait comment y répondre parce que notre demande n’est pas claire. Mieux vaut se demander si ça vaut la peine d’insister. Et si on souhaite insister, autant se demander comment faire passer le message le plus clairement possible (pensons chien !).

Comportement de substitution et signaux d'apaisement

Mieux vaut boire que faire face à un autre chien ou au photographe

Comportement de substitution et signaux d'apaisement

Creuser le sol pour surmonter la difficulté d’un environnement enrichi

La politesse

Ce que font les humains, dans leur vie de tous les jours, sans trouver cela impoli ou menaçant :

  • fixer dans les yeux,
  • avancer tout droit vers une autre personne.

Rappelons-nous que, pour nos chiens, ces deux attitudes sont menaçantes et amènent la confrontation. Détourner le regard devant notre chien et l’approcher en arc-de-cercle ou en contournant, tient de la politesse et du respect que nous avons pour lui.

Un autre geste extrêmement menaçant pour nos chiens est une main posée sur la nuque ou la tête. Lorsque nous sommes debout à côté de notre chien, la partie de son corps qui se trouve la plus proche de notre main, est sa tête. C’est quasi un réflexe que d’y poser notre main : soyons conscient de l’impact de notre gestuel. Ce n’est pas anodin pour un chien que de recevoir une main sur sa tête ou sa nuque.

Le langage corporel chez les chiens le contournement

Koumack fait un arc-de-cercle pour contourner Garou

Mettre la main sur la tête est invasif et est une menace

La main sur la tête: mauvais réflexe d’humain

 

Les demandes verbales


Certains utilisent le mot ORDRE. Je préfère le mot DEMANDE.

Les humains sont bavards, reconnaissons-le ! La communication verbale est définitivement notre mode de communication naturel, contrairement à nos chiens. Faisons donc un effort pour faciliter leur compréhension de nos demandes.

Les demandes négatives

« ne pas sauter », « ne pas manger », « ne pas lâcher », « ne pas se rouler »,… Ces demandes ne sont pas claires. Nous misons sur le fait que notre chien fera la différence entre « sauter » et « ne pas sauter ». C’est une utopie ! Nous disposons de suffisamment de vocabulaire (et nos chiens sont capables d’apprendre plusieurs dizaines de demandes différentes) pour prononcer à leur intention des mots traduisant ce que nous voulons (au lieu de lui demander ce que nous ne voulons pas).

Nous avons tous vécus cette expérience : « je termine la vaisselle (ou toute autre chose) et on va promener ». Notre chien a compris « promener », et se fait déjà une fête de sa balade. Il n’a pas compris que nous avions une tâche à terminer avant de nous consacrer à lui.

Soyons donc clairs :

  • « ne pas sauter » peut devenir « terre » ou « sol », ce qui signifie : je te demande de mettre tes 4 pattes au sol ;
  • « ne pas manger » peut devenir « laisse » ou « ignore », ce qui signifie : je te demande de laisser ce truc infâme où il se trouve ;
  • « ne pas lâcher » peut devenir « garde » ou « tenir », pour apprendre par exemple à notre chien à transporter des objets.

Le NON

Il doit s’agir là aussi, d’un réflexe d’humain, mais ce n’est pas clair du tout. Pas clair pour nos chiens ? Evidemment mais pas clair non plus pour les humains !

Imaginons que nous nous approchons d’une connaissance, nous lui parlons pendant l’approche et nous lui posons la main sur l’épaule. Il / elle nous dit NON ! Notre déplacement est en réalité constitué d’une chaîne de mouvements/comportements : l’approche / la discussion / la main posée / le regard. A quoi exactement cette personne me dit NON ?

S’il ou elle nous dit « stop », « tais-toi » ou « enlève ta main » ou « tourne les yeux », nous aurions su précisément ce que nous devions faire. Juste un NON n’est pas clair. Une ribambelle de NON n’est pas claire non plus.

Par curiosité, faisons le test pendant une journée : combien de fois aujourd’hui, ai-je dit non à mon chien ? Lors de la première journée de test, le résultat sera très certainement supérieur à la dizaine. Mais nous serons capables de nous améliorer avec le temps.

Les intonations

Il faudra pourtant porter une attention particulière à nos intonations (une voix péremptoire ou une voix joyeuse n’ont pas le même effet sur notre chien) et aux tonalités (une voix aiguë est excitante, alors qu’une voix basse est apaisante). Si nous demandons à notre chien de rester en place, par exemple, nous ferons attention à ce que notre demande soit calme, posée, avec une voix basse.

Les demandes corporelles

N’oublions pas que toutes les demandes verbales peuvent être remplacées/complétées par des demandes gestuelles ou corporelles :

  • pour apprendre « suis-moi »: tournons notre corps (de la tête aux orteils y compris les épaules et les hanches) dans la direction où nous souhaitons aller, dès que notre chien avance vers nous, on peut récompenser/féliciter ;
  • pour un chien qui saute sur les gens: détournons notre regard et tout notre corps (jusqu’à lui tourner le dos complètement si besoin). Dès que les pattes sont au sol, on peut récompenser/féliciter ;
  • pour un chien qui mange ce qu’il trouve en promenade, y compris des choses infâmes : tournons notre corps vers la destination souhaitée (certainement pas vers le truc infâme), un signal de la main en direction du truc indésirable, et un appel si nécessaire (un petit signal sonore qui aidera notre chien à revenir vers nous, comme un sifflet, un claquement de langue, ou encore le mot que nous lui avons appris pour nous suivre, comme « suis-moi »). Dès que notre chien vient vers nous, éloignons-nous et récompensons/félicitons-le.

Fixer un objet du regard aidera également notre chien à comprendre quelle est la cible.

Pistage: activité idéale pour gagner en confiance en soi pour nos chiens

En pistage, pour aider Koumack à passer dans les ronces et les fougères: le regard et le corps tournés dans la bonne direction

suis moi langage corporel chiens humains

Suis-moi ! Le corps dans la direction qu’on voudrait que notre chien prenne

activités pour chiens épanouis stimulations mentales et jeux d'olfaction

Activités pour chiens épanouis