Interview of Nathalie Barrière Veterinary specialized in osteopathy November 2016


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En quoi consiste l’ostéopathie ?

  • L’ostéopathie est une technique manuelle visant à rééquilibrer le corps en levant les blocages.
  • Une lésion ostéopathique est un manque d’amplitude de mouvement ou de fluidité. Elle n’est donc pas visible en imagerie médicale.
  • Cette restriction de mouvement peut atteindre une articulation, un muscle, un fascia ou même un organe.
  • Ces blocages ont des répercussions directes sur la mécanique du corps mais aussi sur ses fonctions organiques ou viscérales.

Quand conseillez-vous de consulter en ostéopathie pour un chien ?

  • Animal à problème : boiterie, douleur de dos, etc
  • Trauma
  • Chien en croissance, vers 5-6 mois, pour ne pas laisser les plaques de croissance se souder avec des blocages.
  • Chien de sport: minimum 1 fois par an en contrôle car stimulation très forte et sous adrénaline le chien fait tellement de choses…
  • Animal vieillissant
  • Animal sans problème apparent: c’est rare qu’il n’y ait aucun blocage

Que conseillez-vous comme préparation du chien, avant de vous le présenter pour une consultation en ostéopathie ? (antidouleurs, échauffement,…)

Pas de préparation particulière.

Si le chien prend des antidouleurs au moment où il doit venir, il faut les continuer. Je n’ai pas besoin de la douleur pour voir où sont les problèmes. Si le chien a très mal il risque de se retenir dans les mouvements et donc de ne pas se laisser aller à 100%.

Quelles blessures physiques et pathologies chroniques peut-on soigner avec l’ostéopathie ?

Tous les blocages vont être levés, donc s’ils amènent une boiterie ou une douleur, celle-ci va disparaître totalement grâce à la manipulation et ne pas revenir.

Par exemple si le chien a fait un faux mouvement qui a entraîné des blocages et que ces blocages ont eux-mêmes entraînés des compensations.

Il y a des pathologies où on a un changement morphologique, comme dans l’arthrose, ou des malformations congénitales, comme la luxation de la rotule chez les chiens de petite taille. Dans ces cas-là, l’ostéopathie ne peut pas guérir mais elle va grandement soulager l’animal.

Il est impossible d’établir une liste exhaustive des blessures et pathologies à pouvoir traiter grâce à l’ostéopathie…

Quelles blessures physiques ne peut-on pas soigner avec l’ostéopathie ?

  • Les fractures
  • Les tumeurs
  • Les infections (bactéries, virus, champignons,…)
  • Les problèmes auto-immuns

Ici aussi la liste ne peut pas être exhaustive.

Dans son article « Other indicators of muscle pain » paru le 03.12.2014 sur le site « Dog World », Julia Robertson, myothérapeute (thérapeute du système musculaire), reprend ces termes à propos de l’assis sur demande :

So often some major indicators are misconstrued as training issues. How often do you hear someone getting quite animated, asking/telling a dog to sit; you can see it in the dogs face that they would if they could but it may take a while! Sitting is such a difficult action and yet we appear obsessed with asking/telling our dogs to do it! For a dog to sit they have to use their body in a way that requires their muscles to eccentrically contract, in other words, to hold their body against gravity. When I say their body, I mean their neck, shoulders, back, pelvis, fore and hind limbs. This is just sitting, they have to do the reverse standing but this time use strength to heave themselves up, again against gravity but this time using concentric contraction. This is a tough manoeuvre and if your dog is reluctant, just think, it may not be because he is being disobedient, he may just hurt!

Que vous inspirent ces propos ?

Je suis d’accord qu’un chien qui a des difficultés à s’asseoir a peut-être de la douleur et qu’il faut donc vérifier cela.

Ce mouvement peut être rapproché chez l’homme de celui où nous nous accroupissons, on sent effectivement que nos muscles doivent « forcer », ce n’est pas très naturel de le faire souvent…

La position peut être intéressante à apprendre à un chien mais il ne faut pas en abuser et lui demander tout le temps cela. A éviter chez des chiens dysplasiques et des chiens âgés.

Au niveau ostéopathique, la position ne va pas nécessairement entraîner des blocages si le chien s’assied bien droit, hormis le sacrum qui va être tiraillé par la queue forcée à angle droit.

Par contre quand le chien s’assied « de travers », donc plus sur une fesse que sur l’autre, cela peut entraîner un blocage du bassin ou ce blocage peut en être à l’origine.

Si le bassin se bloque, il entraîne avec lui une batterie de compensations, dont des blocages dans la fin des vertèbres lombaires (souvent L4-L5 et la jonction lombo-sacrée) et la jonction thoraco-lombaire.

Toujours à propos de Julia Robertson, voici ce qu’elle dit dans l’article « Scent some time with your dog » paru le 26.08.2016 sur le site de Galen Therapy Centre, à propos des activités d’olfaction :

When a dog scents or sniffs they adopt a natural body position that enables good movement patterns. It helps to stretch out their spines and importantly their necks; by employing this body shape that enables their hind quarters to ‘engage’, meaning encouraging the muscles within their hind legs and pelvic region. This in turn helps to develop their ‘drive’ which comes from their hind quarters and this will take the excessive load off their forelimbs and neck that is so common from any weakness within their pelvic region. For this and so many other reasons this type of exercise specifically ideal for puppy’s, rehabilitation and veteran dogs that may be suffering with arthritis and general stiffness.

Êtes-vous d’accord avec elle ?

Tout à fait d’accord.

Le squelette du chien n’ayant pas de clavicule, les omoplates sont reliées au crâne et à la colonne uniquement par des muscles et des tendons (pas d’os ou d’articulations). En quoi cette caractéristique peut-elle être handicapante / affaiblissante ?

Pour tous les « atterrissages », réceptions de sauts, descente d’une certaine hauteur (canapés, voitures, etc) ces sangles musculaires vont être très sollicitées. On peut facilement avoir des tendinites des épaules liées à cela quand ces mouvements sont répétitifs.

On peut aussi avoir des froissements, voir des déchirures musculaires, lorsque ces mouvements sont fait brutalement et à froid.

L’amortissement se fait parfois tellement mal que la mandibule du chien peut aller cogner le sol au moment de la réception. On peut alors en plus retrouver des problèmes de nuque.

Vous conseillez un échauffement avant toute activité physique. Comment s’y prendre et quels en sont les bienfaits ?

Je trouve cela primordial. Feriez-vous une partie de squash sans vous échauffer ? C’est la même chose pour son chien. Les risques de blessures sont incroyablement réduits sur un animal bien échauffé.

L’échauffement doit se faire de manière progressive où on intensifie les mouvements. On peut donc commencer par de la marche, puis du trot et enfin du galop. Après cela, on peut entamer des mouvements plus spécifiques en fonction de l’activité que l’on veut faire avec son chien (par exemple des petits sauts et des mouvements en 8 si on le prépare à un parcours d’agility).

L’échauffement doit au minimum durer 10 minutes et c’est encore mieux s’il peut en durer 20.

Vous conseillez un « retour au calme » de l’organisme après toute activité physique. Comment s’y prendre et quels en sont les bienfaits ?

Laisser marcher le chien 10 minutes après un effort physique est très important pour avoir moins d’acide lactique dans les muscles et ainsi moins de courbatures le lendemain.

Quelles activités trouvez-vous dangereuses à pratiquer pour un chien ?

  • Les changements brusques de direction (lancer d’objets, flyball, etc)
  • Les sauts à trop grande hauteur (palissades, etc)
  • Les activités brusques sur un sol glissant

Encore une fois, la liste ne peut être exhaustive mais je ré-insiste sur le fait que l’échauffement va permettre, à même contrainte, d’avoir moins de blessures ou moins graves.

What injuries or other consequences have you seen specifically as a result of throwing games (balls, Frisbees, sticks,…)?

“The most common injury is a tear of the anterior cruciate ligament of the stifle (knee). The bottom of the leg remains on the ground while the top moves. This creates a torsion of the knee. The tear can be partial or total. When the tear is total, unfortunately, it is often necessary to have surgery to repair the ligament. When the tear is partial many factors will need to be taken into consideration but the minimum treatment will be that the dog will have to rest for at least 2 months.

This injury may lead to a series of compensatory shifts in position in other areas of the body. The pelvis will shift position in a way that causes a strain at the 4th or 5th lumbar vertebra as well as at the thoracolumbar junction (the junction between the middle and lower back).

LConsequently, the hips will move differently during propulsion. If movement occurs sideways or without a warm-up, the dog might feel a sharp pain. The pelvis will then very quickly compensate and provoke other injuries or strains, as well.

It is also common for the dog to experience fore-limb injuries, especially at the shoulders (often following a slide) or at the carpi (wrists) (following abrupt braking and changes of direction).

The injuries in the back will mainly be between the scapulae (shoulder blades), in the lower back region, as well as the area in-between (the thoracolumbar junction).

The neck can also be damaged during a sudden movement. It is one of the most painful injuries. Throughout the period of inflammation, dogs often shout as if you were walking on the tail even though you are not touching them.

The temporomandibular joints (jaws) can also get injured during a landing “on the face”.

And pain can be noticed instantly, sometimes even with a scream, or when cooling down after the exercise (sometimes even the next day).

In the most serious cases, but fortunately rarer, a dog can have fractures or tearing of the growth plates. These fractures are difficult to treat because they are often spiral fractures, as as result of a twist of the long bone at the time of landing. The bone most often affected by this type of fracture is the tibia.

All these problems were consequences in an”acute” injury but we must not forget that these injuries can also be chronic. By repeating the same movements, we will find osteoarthritis on the most stressed joints: knees, hips, vertebrae (dorsal and lumbar), wrists and shoulders.”